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par Pierre Delannoye

Nous vivons à une époque où des artistes peintres «retrospectivent» après dix ans de travail, croyant avoir tout dit, ayant déjà bouclé le tour de La Grande Question.

Epoque ou Pierre Assouline fait place aux exégètes de nos Madonna et consorts,ou l’on associe Léotaud à un général d’infanterie, Rubens à une marque de cigares, Félix Leclerc à un patron d’hypermarché.

Je vous le présente donc, par amitié, Félix que j’ai fréquenté quelques vingt cinq ans, de qui j’ai observé et vécu l’élaboration de nombreux travaux, qui m’a dit avoir côtoyé les musées et les travaux des Maîtres dès l’adolescence : les renaissants, les primitifs flamands, et, plus près de nous, les Permeke, Delvaux, Claus, Landuyt, Tainmont, Schelk… Nous avons été voisins à Paris, et alors la Mason, Carzou, Giacometti, puis Dufilho, Gunther Grass, Blondin… A propos : Blondin que l’on voyait rue Monsieur-Le-Prince, que l’on côtoyait «en ces endroits ou il est de bon aloi d’entrer en état d’ébriété» ...

En 1970, Simone, alors élève en gravure chez Yvonne Gérard, fréquente l’atelier Félix pour y apprendre la peinture. Elle était alors sous l’influence du peintre allemand Prachtel. Un talent inventif hors du commun. Voir la série des «Religieuses» ...

La notoriété de Félix était alors établie bien au delà de chez nous. Quelques promoteurs, escrocs pour les uns, ignorants et incultes notoires pour d’autres, ont voulu lui faire escorte jusqu’au jour où notre ami les a envoyés au diable vauvert, lassé des représentations marchandes et ronds de jambes promotionnels.

Cette notoriété lui reste ; présent qu’il est par ses œuvres dans les grandes collections, y avoisinant les grands Maîtres qui furent les siens.

Il hésite à dessiner, peindre hors des modes et des gesticulations culturelles, avec un souci technique bien à lui, vibrant aussi de la verve inventive, celle des poètes ...